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Catastrophe naturelle en République Démocratique du Congo : Eruption volcanique à Goma - Rapport provisoire de situation au 25 Mai 2021


publié le 26-05-2021

FAITS SAILLANTS

Le 22 mai, le volcan Nyiragongo près de la ville de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo est entré en éruption.

Le Coordonnateur humanitaire (CH) a assuré les autorités congolaises du soutien de la communauté humanitaire pour répondre aux besoins prioritaires d'urgence suite à l'éruption du volcan Nyiragongo.

Les besoins prioritaires sont en cours d'évaluation par de multiples équipes humanitaires, y compris la CroixRouge et les ONG internationales.

31 morts signalés, dont 13 personnes lors de l’évacuation de la ville et 24 personnes brûlées par la lave ; 40 adultes signalés disparus ; plusieurs hospitalisations.

Plus de 4 500 ménages (environ 20 000 Congolais) se retrouvent sans abri.

Bien que la lave ait cessé de couler, les secousses sismiques continuent et provoquent la panique au sein de la population.

Le nuage de cendres est susceptible de provoquer des maladies respiratoires.

La fermeture des aéroports de Goma et de Bukavu risque d'affecter la logistique de la réponse humanitaire.

APERÇU DE LA SITUATION

Le 22 mai 2021, le volcan Nyiragongo, qui domine la ville de Goma, dans l'est de la RDC, est entré en éruption et des coulées de lave se sont déversées vers l'est, en direction du Rwanda. Une autre coulée de lave s'est dirigée vers la ville de Goma et s'est arrêtée à 300 mètres de l'aéroport international de Goma. La dernière éruption majeure en 2002 a fait plus de 250 morts.

Après l'éruption, une grande partie de la population locale a évacué pendant la nuit vers Saké, situé à 27 km à l'ouest de Goma, et un autre groupe a traversé la frontière vers le Rwanda pour y trouver refuge. Les mouvements transfrontaliers vers l'Ouganda ont été moins importants et 90 pour cent des Congolais sont rentrés en RDC.

Le 23 mai, une mission de reconnaissance en hélicoptère avec le Coordonnateur humanitaire adjoint et l'équipe d'OCHA a confirmé que la lave avait bloqué la route principale RN 2 Rutshuru-Goma - la principale ligne d'approvisionnement en nourriture vers Goma. Les lignes électriques et l'approvisionnement en eau ont été endommagés et coupés pour environ 500 000 personnes.

Trois villages et un quartier de la ville de Goma ont été détruits par la lave du côté de la RDC. Treize civils ont perdu la vie dans la nuit du 22 mai en raison d'incidents liés à l'évacuation. La société civile2 dans la zone de santé de Nyiragongo confirme que 24 personnes, dont 10 femmes, ont été brûlées par la lave, et que 40 adultes sont portés disparus. Le processus d'identification des corps se poursuit. Les dépouilles déjà identifiées seront remises à leurs familles respectives ce 24 mai 2021.

Toujours d’après des sources locales, plus de 3 629 maisons ont été ravagées par la lave, 23 toits de maisons ont été emportés, la route Goma-Rutshuru est coupée (environ 2 km envahis par la lave), 3 structures sanitaires et 12 écoles primaires et secondaires ont été détruites.

Selon l'OIM, plus de 20 000 personnes (environ 4 500 ménages) seraient sans abri et vivraient dans des communautés d'accueil ou dans des lieux publics non touchés par la catastrophe. Les gens ont perdu leurs biens soit dans la précipitation du déplacement, soit brûlés par la coulée de lave, ou encore pillés. Des cas de vol, notamment de motos et d'autres biens laissés par les ménages déplacés, ont également été signalés.

UNICEF a signalé que plus de 150 enfants ont été séparés de leurs familles et l'on craint que plus de 170 enfants soient portés disparus alors que la population fuyait la ville de Goma à la suite de l'éruption du volcan Nyiragongo.

Le 24 mai, des tremblements de terre sont ressentis, par intermittence. Le moniteur sismique rwandais a enregistré des séismes d'une magnitude atteignant 5,1 provenant du lac Kivu dans le district de Rubavu. Ces secousses provoquent des fissures dans les bâtiments et davantage de stress pour une population déjà traumatisée. Les autorités ont averti la population de rester vigilante et de ne pas s'approcher de la zone rouge, le chemin de lave de l'éruption de 2002. Les cendres émanant de l'éruption pourraient provoquer des maladies respiratoires.

Quelques magasins ont réouvert le 24 mai. Il est rapporté que les prix auraient augmenté sur les marchés. Selon des premières évaluations, les personnes qui avaient fui vers la ville voisine de Saké ne sont pas toutes revenues. Les gens rapportent que les prix des taxis ont augmenté, et d'autres restent car ils ont tout perdu lors de l'éruption.

La route entre Goma et Rutshuru, qui est l'un des trois principaux axes commerciaux et facilite l'acheminement de l'aide humanitaire vers d'autres endroits, reste bloquée. La lave est encore trop chaude pour être enlevée.
L'aéroport international de Goma reste fermé et les autorités de l'aviation civile ont informé que l'aéroport ne sera pas opérationnel jusqu'à nouvel ordre. Il sera donc difficile d'acheminer de l'aide, de renforcer les équipes ou d'évacuer le personnel. L'aéroport de Bukavu a également été fermé en raison du nuage de cendres. Des alternatives pour accéder à d'autres zones par la route via le Rwanda ou l'Ouganda doivent être explorées, ce peut être compliqué en raison des restrictions de COVID-19.

Le Premier Ministre de la RDC, ainsi que 12 Ministres, ont rencontré le 24 mai 2021 le Coordonnateur humanitaire et l'équipe humanitaire du pays. Le Gouvernement qui avait activé son plan d'urgence a mis en avant les priorités suivantes : abris, ouverture de la route Rutshuru-Goma, recherche des enfants et ouverture de l'aéroport de Goma.

Le 25 mai, au moment de l’écriture de ce rapport, la ville de Goma enregistre de fortes secousses sismiques. Des destructions sont répertoriées, ainsi que des fissures dans des bâtiments et des éboulements de terrain. Les autorités demandent à la population de rester vigilante. Des rumeurs de coulées de lave et de cheminées secondaires de lave circulent.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs

To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.

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